Je vais donc vous donner un petit aperçu des cours de psycho...
Attention, ne vous enflammez pas, je ne suis pas en train de vous dire que la psycho c'est rigolo... (vous comprendrez quand vous devrez potasser les cours sur les stades du développement cognitif selon Piaget...). Mais il y a parfois des cours comme ça où le prof peut faire tous les efforts du monde que ça n'endiguerait pas l'hilarité de la classe...
Je vous précise quand même que le "cours" que je vous donne ici est plus une présentation: c'est une version allégée de mon cours pour que les choses ne soient pas trop nébuleuses...
Libre à vous de lire ce que vous voulez mais si vous avez autrefois été une fillette, je vous conseillerai de lire ce que Freud raconte à votre sujet, c'est... comment dire ?... édifiant !
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Avant d'attaquer:
Si vous ne connaissez pas l'histoire de ce brave Oedipe... faites donc un tour par ici.
Il faut aussi préciser que la sexualité selon Freud doit être vue dans un sens beaucoup plus large qu'on ne l'entend habituellement: c'est une émanation des émois sexuels primitifs, des sentiments tendres (selon Freud, la succion chez l'enfant comporte une dimension sexuelle).
Introduction:
Selon Freud, le complexe d'Oedipe apparaîtrait vers 4 ou 5 ans et serait universel (personne n'est épargné mouahahah !).
A cet âge, le petit garçon est amoureux de sa mère et la petite fille porte toute son affection à son père.
Le complexe d'Oedipe se déroule d'une façon différente chez le garçon que chez la fillette, et se présente sous deux formes pour chacun des sexes: il y a une forme positive et une forme négative du complexe d'Oedipe (positif et négatif n'ont ici aucune valeur morale, il s'agit juste de mettre en évidence une opposition).
Le complexe d'Oedipe chez le garçon (version positive):
le garçon porte toute son affection à sa mère car il en est dépendant (on parle de choix par étayage) et le lien qu'il a avec son père est basé sur l'identification.
L'étayage et l'identification coexistent jusqu'à:
_ l'accroissement du désir sexuel envers sa mère
_ la perception du père comme obstacle à ses désirs
c'est à ce moment qu'apparaît le complexe d'Oedipe...
La relation au père devient ambivalante: il s'y identifie tout en désirant l'éliminer.
Quant à sa mère, il lui témoigne toute son affection.
Au moment de la découverte de la différence des sexes, le garçon se retrouve confronté au complexe de castration: comprenant que la petite fille n'a pas de pénis, il suppose qu'elle l'a perdu et craint de perdre le sien à son tour. Cette menace de castration est véhiculée par le père car il est le tiers séparateur entre l'enfant et sa mère: le complexe d'Oedipe permet de véhiculer l'interdit le l'inceste.
Chez la petite fille:
La petite fille expérimente d'abord le complexe de castration puis le complexe d'Oedipe.
cf dans les commentaires : on parlerait, pour les filles, de complexe d'Electre.
Au début, comme le garçon, la petite fille donne toute sa tendresse à sa mère mais elle va progressivement s'en détourner, avec le complexe de castration.
Selon Freud, au moment de la découverte de la différence des sexes: "elle découvre le grand pénis bien visible d'un frère ou d'un camarade de jeu, le reconnaît comme réplique supérieure de son propre organe caché",
"elle a vu cela, elle ne l'a pas, elle veut l'avoir".
La petite fille peut même croire qu'elle avait autrefois un pénis mais qu'elle l'a perdu.
Ce complexe de castration va dénouer la relation de la fillette à sa mère (elle considère sa mère comme responsable de la perte du pénis) et va enclencher le complexe d'Oedipe:
n'ayant pas trouvé ce qu'elle désirait chez la mère, elle le cherche chez le père et remplace l'envie du pénis par celle d'avoir un enfant.
En effet, pour elle, l'enfant est l'équivalant symbolique du pénis et la fillette devient jalouse de sa mère qui a eu un enfant de son père.
L'insatisfaction de ce désir va peu à peu entraîner la disparition du complexe d'Oedipe. Cependant, "les deux désirs visant à la possession d'un pénis et à la possession d'un enfant demeurent fortement investis dans l'inconscient" mais Freud considère cela comme positif car cela prépare la femme à son futur rôle sexuel.
Pour relativiser tout ça, il faut quand même savoir que les idées de Freud datent du 19e siècle, depuis la psychanalyse a beaucoup changé (c'est la science qui a le plus connu d'évolutions au cours du 20e siècle)
J'ai demandé à mon prof de psychiatrie ce qui était toujours d'actualité chez Freud:
il m'a dit qu'il fallait oublier tout ce qui pouvait nous avoir été enseigné en cours de philo de terminale !
D'abord parce que selon lui, la philo n'a pas à se mêler de psychiatrie car il s'agit d'une science et, qui plus est, il s'agit de médecine: une approche "littéraire" n'est donc absolument pas adaptée (ceux qui vont fac de psycho sont souvent surpris de découvrir que leurs premiers cours sont... des maths, de la neurobio...). Ensuite, il faut voir, comme je le disais plus haut, que depuis le 19e siècle, la psychiatrie a énormément évolué (95% des patients ne sont pas hospitalisés, contrairement à certaines idées reçues). Freud, s'il expliquait très bien les symptômes des diverses pathologies, s'est bien planté pour ce qui est d'en expliquer les causes...
Le complexe d'Oedipe se produit effectivement, mais selon la psychiatrie moderne, l'analyse de Freud à ce sujet n'a plus sa place.
D'ailleurs, ce brave monsieur, d'après mon prof de psychiatrie, même s'il a eu le mérite d'essayer de comprendre les pathologies, ne peut plus être considéré comme une référence dans ce domaine...
J'en profite d'ailleurs pour réfuter une autre idée préconçue sur la psychiatrie: elle ne traite pas des états d'âme, mais bel et bien des maladies, la dépression, par exemple, est reconnue comme une pathologie et il faut donc la soigner avec des médicaments (un peu plus de 80% de bonnes réponses au traitement).
Pour vous faire (encore)sourire:
A la question "pourquoi la poule traverse la route", on suppose que Freud répondrait:
La poule était bien évidemment de sexe femelle et interprétait par conséquence le poteau de signalisation comme un symbole phallique duquel elle a voulu se rapprocher.
Si vous voulez connaître d'autres "interprétations": cliquez ici
Si vous voulez connaître des critiques de la psychanalyse: ici
Si vous voulez connaître l'histoire de Freud (vidéo de 3/4 d'heure):
