En faisant ce blog, j'étais tellement obnubilée
(et non pas obnibulée...) par l'envie de mettre un maximum d'infos que j'en ai oublié de vous parler de... moi ! Il faut dire qu'à la base, ce n'était pas du tout le but, mais vu que je reçois plein de com me demandant "mais qui es-tu donc ô magnifiscence ???", je me sens évidemment obligée de répondre pour ne pas que vous vous effondriez de désespoir...
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Comme je suis parfaitement consciente d'être une bavarde invétérée, je mets d'abord la version courte pour ceux qui ne s'intéressent qu'à mon parcours général :
-Bac ES
- 1 année de prépa (enfin 7 mois)
- admise à Caen et à Nancy
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Vous avez du bol, je n'ai pas l'intention de vous retracer toute ma vie mais seulement vous présenter un peu mon parcours histoire de vous montrer un des
nombreux profils possibles d'une étudiante en orthophonie.
Mais commençons par le commencement : l'envie de devenir ortho m'est venue grâce à
une très bonne conseillère en orientation qui a su me cerner immédiatement et n'a pas cherché à me tasser dans un moule pour remplir les quotas. Coup de chance, la semaine suivant notre entretien, mon lycée organisait un
forum des métiers et la
rencontre avec une orthophoniste passionnée a été décisive.
Mon
bac ES en poche
(eh non, on n'est pas forcément scientifique, on peut avoir un bac L, SMS...), je me retrouve 7 mois
en prépa et me rends compte que la compétition est rude
(croyez-moi, ça vous fait une belle jambe d'avoir été première de classe en terminale).
Je passe le concours de
Poitiers et ressors écoeurée, persuadée que c'est la fin du voyage vu la difficulté des épreuves et le nombre de candidats (c'est ce jour-là que j'ai compris que j'étais loin d'être la seule à avoir l'ambition de devenir ortho...très loin en fait...).
Mais
Tours arrive au galop et je me rebooste, vu que c'est l'
un des premiers concours sur ma liste. Je bosse comme une malade et notamment les annales de grammaire bien corsées que je finis par connaître sur le bout des doigts.
Nouvelle déception: de la grammaire tellement simplifiée qu'il n'y avait pas lieu de se farcir tout le Besherelles mais à la place, des questions de vocabulaire et d'orthographe... que je n'avais pas bossées. Une dictée où je me fais avoir par le mot "croupion", inconnu de mon lexique, que je mets au pluriel ainsi que son déterminant et son adjectif (et 3 fois 2 points en moins !) alors que je collectionnais les 20 en dictée...Bref, je l'ai eu dans le croupion, c'est le cas de le dire ! Le comble sera atteint avec l'épreuve de Bio qui porte sur "le cauchemar de Darwin", film que j'avais remarqué quelques mois plus tôt à la fnac mais dont je m'étais détournée pour... ne pas perdre de temps à regarder des films plutôt que préparer mon concours !
Je rempile avec
Lyon... un
véritable bonheur (j'y mets toute mon ironie). En prépa, j'étais dans les premiers pour tout ce qui était résumé... mais Lyon a remplacé le deuxième résumé par... un poème sur le thème du repas ! Je vous passe les détails sur les autres épreuves,... ce fut un massacre.
Vient ensuite
Strasbourg. Là, j'étais plus confiante: je l'avais passé l'année précédente pour voir. Je m'en étais tirée avec 18 bonnes réponses de culture gé sur 50 ce qui, à ce que j'avais entendu, était plutôt honorable quand on ne s'était pas préparée.
Je ressors un peu déçue par les épreuves de Français qui avaient connu quelques légères modifications, mais tout de même confiante.
Les premiers résultats tombent quelques jours plus tard (eh oui, dans l'Est, ils sont très rapides): 24 bonnes réponses en culture gé, au lieu des 25 nécessaires pour que la suite soit corrigée ... et au lieu des 27 que j'avais pronostiquées en vérifiant mes réponses avec des sources fiables à 100% !
(Ne rêvez pas, dans ces cas-là, il n'y a pas de recours possible...) Là, j'ai le moral dans les chaussettes, je n'y crois plus. Une pote de prépa me pousse à aller à
Caen: j'accepte à contrecoeur parce que j'ai payé l'inscription et que nous sommes censées y aller ensemble. L'organisation du concours est un véritable désastre: un retard de plus d'une heure et une surveillante dont le téléphone sonne à tout bout de champ... et qu'elle se permet de décrocher pendant les épreuves ! Ajoutez à ça qu'à cause du retard, certains candidats s'inquiètent pour leur train vu qu'ils ont acheté un billet prem's (donc non remboursable ni échangeable). La surveillante propose alors que tous ceux ayant un train à prendre viennent déposer leur copie sur le bureau au lieu d'attendre l'appel... évidemment, les 3/4 des candidats présents dans l'amphi se lèvent ! C'est la cohue et tout le monde discute (si vous vouliez demander des infos à vos potes, aucun problème !).
C'est ensuite au tour de
Toulouse auquel je ne crois pas du tout vu que je suis une catastrophe en tests psychotechniques. Mais j'y vais quand même: je viens d'annoncer à mes parents que je laissais tomber Besançon alors je n'ai pas envie d'en rajouter, et puis j'ai promis à mon frère de passer le concours vu qu'il est là-bas. Au moins, ça me donne une occasion de revoir mon frangin qui a de l'expérience en matière de concours et qui me bichonne: crêpes au petit-déjeuner et coloc' sur lequel baver !
Je ressors des épreuves complètement crevée et dégoûtée mais ... surprise ! Sur le chemin du retour, la pote qui m'avait poussée à aller à Caen m'appelle (elle était censée passer Paris mais avait finalement décidé d'abandonner l'orthophonie): les résultats viennent de tomber, je suis
admissible à Caen !!! Je gueule comme une écervelée en pleine rue toulousaine, au milieu des candidats exténués par le concours et j'explose mon forfait en téléphonant à tout mon répertoire !!
Je passe
une semaine à chercher une tenue pour l'oral de Caen. En prépa, on m'a dit qu'il ne fallait surtout pas porter de jean car c'est trop décontracté. Moi qui déteste les jupes, je suis obligée de montrer mes jambes cachet d'aspirine et de mettre des ballerines alors que je ne jure que par les talons et les baskets... tout ça pour voir les autres candidates habillées comme d'habitude !
Mon frère a bien voulu m'emmener, même pas besoin de le supplier comme je m'y attendais, le stress des concours il connaît, il ne me laissera pas tomber ! Sur l'autoroute, je m'emmêle dans les cartes et lui indique la sortie à la dernière minute: il passe sur les zèbras, fait une queue de poisson... et nous sommes arrêtés par une patrouille de police ! Mais avec toutes les cartes éparpillées dans la voiture et après vérification sur leur ordinateur de bord que mon frère n'est pas un cynglé de la route, on s'en tire avec une amende minorée (20 euros seulement, au lieu de 96 euros et 4 points en moins) !...
Un signe pour la suite ? Le lendemain matin, je ressors des épreuves écrites avec une impression mitigée... on verra ce que donne l'entretien. Pause restaurant avec mon frère qui m'aide à préparer ma présentation: il a fait une prépa pour entrer dans une école de commerce alors les entretiens, ça le connaît. Je passe à 17h, on a le temps de potasser tout ça.
Petit couac: en école de commerce, les oraux durent 45 minutes, mais en ortho, c'est plutôt
de l'ordre du quart d'heure... je ne suis même pas arrivée à la moitié de ce que je voulais dire (et encore moins au principal) que le jury me coupe et je suis complètement déstabilisée. "Vous me dites que vous avez été en prépa. Vous y a-ton parlé d'éthique ?" Je réponds "oui" immédiatement avant de me maudire: oui, on m'en avait parlé, mais pour me préparer aux dissertations sur le clonage ! Trop tard, le jury me demande quel lien je peux faire avec l'orthophonie: la réponse est toute bête mais je suis tellement stressée que je réponds à côté de la plaque.
Quand je sors, mon frère me demande comment ça s'est passé... et je fonds en larmes dans ses bras, chose complètement impensable pour moi d'habitude.
Les résultats tomberont un peu plus tard: 40ème
sur liste d'attente ! Ce qui fait soixantième en tout puisqu'ils en prennent 20, soit pile poil à la moitié puisqu'il y avait 120 admissibles pour 2000 candidats.
Mais il reste
Nancy, le concours que je veux absolument. Ma prof de Français m'a donné une pile énorme d'annales quand elle a su que je voulais ce concours, donc j'ai de quoi bosser. Je me fais un programme de révisions: un mois d'exercices d'orthographe et de vocabulaire proposés pour le concours de Nancy dans les Vuibert puis le deuxième mois à faire les annales. Je m'oblige à y passer mes journées, et le soir, je surveille l'avancée des rappels de Caen: l'année précédente, ils avaient rappelé jusqu'au 56e sur liste d'attente, j'ai donc mes chances... mais le secrétariat ferme au début du mois d'aout en s'étant arrêté à une vingtaine de rappels.
Fin août, le secrétariat réouvre et relance
les rappels. Une fille me dit qu'elle a fait des pronostics grâce aux candidats qui avaient annoncé leur choix sur un forum: elle me dit que j'ai mes chances et je reprends espoir. Un après-midi, alors que je travaille à la bibliothèque, je me rend compte que j'ai un message sur mon répondeur: c'est le secrétariat de Caen ! J'ai une semaine pour m'inscrire, sinon ils donnent ma place à quelqu'un d'autre. Le matin du concours de Nancy, j'envoie toutes les pièces du dossier et passe les épreuves complètement détendue: je vais devenir orthophoniste quoi qu'il arrive !!
La semaine suivante, les résultats tombent: je suis admissible à Nancy ! C'est reparti pour un oral ! J'arrive en retard mais ouf! ils sont sympas et me laissent entrer. Comme à Caen (j'avais oublié de le préciser),
les deuxième année sont là pour nous booster. Je me plante en beauté à l'
épreuve de chant et de justesse de l'oreille (ma voix fait des loopings et je déplace les clochettes d'un extrême à l'autre sans pouvoir me décider sur leur ordre). Je sors démoralisée mais une deuxième année me rassure: elle a eu deux à cette épreuve comme la majorité de sa promo. L'
épreuve d'articulation se passe moyennement (avec le stress, j'ai lu un peu trop vite) mais je cartonne en
entretien: mes arguments sont en béton armé, je suis parfaitement détendue et je ne fuis pas le jury du regard. J'arrive même à faire sourire l'un des membres du jury, chose qu'apparemment personne d'autre n'a réussi à faire: ce "détail" me rassure complètement et je finis l'entretien en beauté. Je sors avec le sourire alors que tous ceux avant moi me disaient s'être plantés.
Finalement, j'ai été la 28e admise sur 40 mais quand on est pris, l'ordre je vous assure, on s'en fout complètement !
Au fait, si vous vous intéressez à mes autres résultats, j'étais toujours entre la 200 et la 300e place sauf pour Lyon où j'étais... 800e ! Poitiers a été la grosse surprise puisque même avec ma note très très moyenne en bio, j'étais environ 250e sur 1250.